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Les Romains, en adoptant la
civilisation et l’art des Grecs qu’ils avaient vaincus, ont emprunté
aussi la mosaïque.
Les plus anciens pavements romains de caractère
artistique, datant du début du ~Ier siècle, ont été trouvés à Pompéi,
à Palerme et à Malte. La mosaïque de pavement courante, appliquée de
plus en plus fréquemment dans l’architecture romaine privée et
publique, comporte de simples dessins géométriques en noir et blanc:
damiers, cercles entrelacés, combinaisons de losanges, de carrés et de
cercles, motifs végétaux stylisés. Au cours du Ier siècle de notre
ère, elle pénètre sous cette forme dans toutes les provinces de
l’Empire. Des écoles locales modifient les modèles reçus de la métropole,
les enrichissent de couleurs et d’ornements nouveaux. |
Les mosaïques nord-africaines datant du
IIe au Ve siècle (Maroc, Algérie, Tunisie, Libye) sont conservées en très
grand nombre, surtout en Tunisie. Elles se distinguent par une extraordinaire
variété d’ornements végétaux, associés à une abondante imagerie
mythologique et historiée.
La Gaule et la Germanie excellent dans le
dessin géométrique compliqué. L’Espagne, dont les mosaïques romaines sont
encore insuffisamment connues, semble avoir subi l’influence combinée de
l’Afrique du Nord et de l’Italie.
Jusqu’au IVe siècle, l’Italie elle-même s’en tient
principalement à la mosaïque noire et blanche à laquelle les décorateurs
d’Hadrien avaient donné une impulsion nouvelle.
À côté de scènes mythologiques, de
représentations de cirque, de l’amphithéâtre, de la chasse, de la vie
rurale, des sujets saisonniers et astrologiques sont particulièrement fréquents.
Ainsi, les pavements font connaître, outre l’évolution du style, les
multiples aspects de la vie journalière romaine. Dans deux des quatre provinces
gauloises (Lugdunaise et Belgique), en Angleterre et en Germanie, l’histoire
de la mosaïque de pavement antique s’arrête à la fin du IVe ou au cours du
Ve siècle; elle continue au contraire dans les régions méditerranéennes
jusqu’au seuil du Moyen Âge et au-delà.
Sous les empereurs chrétiens et
jusqu’au VIe siècle, le répertoire iconographique se modifie à peine (mosaïques
de Piazza Armerina en Sicile, IVe s., du Grand Palais de Constantinople, Ve s.).
L’Église, de son côté, adopte ce genre de décor dans les édifices du
culte, mais en exclut les représentations du cirque et les sujets
mythologiques. Au Proche-Orient, la persistance de la mosaïque de pavement
jusqu’au 8e siècle permet d’entrevoir le passage de l’art antique à
l’art de l’islam.
En Italie, comme en Narbonnaise et en Aquitaine, la mosaïque
s’éteint au VIIe et au VIIIe siècle. Elle y renaît au 11e et au 12e siècle
où une série d’abbatiales bénédictines et de cathédrales romanes
comportent d’immenses pavés historiés. Bien qu’ils représentent de
nombreux sujets bibliques et des scènes de la vie journalière contemporaine,
ils peuvent être considérés comme la dernière survivance d’une tradition
romaine plusieurs fois séculaire.
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